Dossier
mai 2016
Biodiversité: construire et préserver ensemble nos espaces naturels
A l’écart des activités humaines, les espaces ouverts situés sous les emprises des ouvrages de RTE constituent des zones de refuge pour la faune et la flore. Aménagements innovants, recherche, partenariats, formations… Découvrez dans ce dossier comment les équipes de RTE se mobilisent partout en France pour préserver et développer la biodiversité sous les lignes.

1Tous acteurs de l’innovation au naturel!

Tous acteurs de l’innovation au naturel!

«Un espace de liberté», «un outil de partage d’expertises et de méthodes», «une chance de participer à la transformation du réseau électrique»: avec J.nov, la plateforme d’innovation participative de RTE, ses 8 500 salariés contribuent à faire émerger des solutions nouvelles. Et ce, dans tous les champs d’innovation de l’entreprise dont la préservation de l’environnement et de la biodiversité. La mise en pâturage de la végétation située sous les lignes pour un entretien «100% naturel» de certains sites? Une initiative simple à mettre en œuvre parmi le millier d’idées soumises chaque année sur J.nov par les collaborateurs. Ainsi, en 2012, un jardin collectif à usage associatif a vu le jour sur la parcelle du poste électrique de Loscoat, à Brest (Finistère). Ses bénéfices: une meilleure intégration paysagère de l’ouvrage, une gestion durable du terrain d’un demi-hectare assurée par les jardiniers membres des associations, et le développement de lien social entre les jardiniers, les riverains et les exploitants du poste!

 

 

 

 

 

 

Promouvoir l’éco-conception de ses ouvrages et travailler à des modes alternatifs de gestion des espaces naturels des emprises situées sous ses lignes électriques: tels sont les deux grands enjeux des activités de R&D de RTE en matière d’environnement. Ceci, dans un contexte de transition énergétique qui implique d’imaginer à quoi ressembleront les paysages de demain où les installations de production d’énergie renouvelable occuperont une place croissante.

 

Pilote du programme Environnement de la R&D de RTE, Agnès Labbaye envisage son rôle comme celui d’une vigie, à la croisée de la préservation des environnements naturels d’aujourd’hui et de l’anticipation des paysages de demain. Pour concevoir des modes de gestion innovants de la biodiversité sous les lignes, elle travaille notamment avec la Chaire Paysage et Énergie de l’École Nationale Supérieure de Paysage (ENSP) dont RTE est l’un des membres fondateurs.

 

2Mobilisation générale pour la sauvegarde des insectes pollinisateurs

Mobilisation générale pour la sauvegarde des insectes pollinisateurs

35% de notre alimentation repose sur des plantes pollinisées par les insectes. Dans le même temps, des milliers d’espèces de pollinisateurs sauvages dépendent des plantes à fleurs pour leur survie. Parmi eux figurent les abeilles bien sûr, mais aussi les bourdons, les mouches, les papillons, ou encore les scarabées et les coccinelles. Le déclin de certains de ces insectes est donc d’autant plus alarmant. Les raisons? L’intensification de l’agriculture, l’urbanisation et le changement climatique.

Face à l’importance de cet enjeu, RTE fait partie des 7 gestionnaires d’espaces naturels à s’être engagés en mars 2016 en faveur du Plan National d’Actions (PNA) du ministère de l’Environnement pour la préservation des abeilles et des insectes pollinisateurs sauvages. Avec trois axes de soutien: développer les études scientifiques sur ces espèces; réaliser des guides et des fiches techniques; et augmenter la ressource florale de ses sites afin d’offrir une alimentation favorable aux pollinisateurs sauvages. Ces derniers affectionnant les milieux ouverts créés par les tranchées forestières où passent les lignes électriques. Tout particulièrement, les emprises entourées de plantes mellifères – c'est-à-dire celles qui produisent du nectar – telles que le marronnier ou le châtaignier.

Cet engagement collectif aux côtés du ministère de l’Environnement consolide d’autres actions déjà en cours pour préserver les pollinisateurs sauvages. Même approche collaborative pour aménager des corridors de biodiversité sous les lignes électriques. Partout en France, RTE travaille main dans la main avec de nombreux acteurs locaux en faveur de la préservation de l’environnement pour imaginer des modes de gestion innovants: avec les conservatoires d’espaces naturels régionaux, des associations de la protection de la nature, des scientifiques…

 

Ce réseau aux intérêts communs donne également lieu à un partage de connaissances. Partenaire de RTE pour la réalisation d’inventaires de biodiversité sous ses lignes en île-de-France, le Muséum National d’Histoire Naturelle a, par exemple, créé une plateforme participative pour collecter des données scientifiques sur les insectes pollinisateurs: SPIPOLL. Son principe: tous les amoureux de la nature peuvent photographier les butineurs dans leur région, contribuant ainsi à créer un suivi quantitatif national.

Au sein de RTE, c’est aux Responsables d’Activité Maintenance qu’il revient d’animer tous ces partenariats en faveur de la biodiversité au plus près du terrain. En Bourgogne, dans la Réserve Naturelle de la Truchère, Jérôme Vieville nous explique comment il travaille en bonne intelligence avec le Conservatoire Naturel régional pour concilier le respect de ses enjeux technico-économiques et la garantie de la pérennité de cet espace naturel.

 

3Comment favoriser la biodiversité sous les lignes électriques?

Comment favoriser la biodiversité sous les lignes électriques?

Actions ciblées sur chaque site avec des acteurs de la préservation de la nature, pose de balises aériennes pour protéger les oiseaux, aménagements écologiques pour favoriser l’installation et l’alimentation de la faune…

Découvrez en images comment RTE et ses partenaires préservent et développent la biodiversité sous les lignes électriques.

 

 

 

4Vergers, pâturages ou landes, en forêt, la biodiversité reprend ses droits sous les lignes électriques

Vergers, pâturages ou landes en forêt, la biodiversité reprend ses droits sous les lignes électriques

 

Depuis 2011, RTE et son homologue belge Elia développent une gestion innovante de leurs emprises forestières dans le cadre du programme européen LIFE. En forêt, la présence d’arbres impose en effet aux gestionnaires des réseaux de transport électrique de dégager un espace de sécurité autour des lignes. D’où une apparence de couloir en forme de «U». Outre leur impact visuel, ces espaces nécessitent un entretien régulier par gyrobroyeur ou par coupes manuelles qui perturbe la faune et la flore. Pour restaurer la biodiversité, l’objectif du projet LIFE Elia-RTE est de transformer ces couloirs en «U» en corridors écologiques. Expérimentée sur 7 sites français, soit sur 60 hectares, cette initiative fait parler d’elle et intéresse nos homologues européens. À terme, elle pourra d’ailleurs être répliquée ailleurs sur notre territoire et au-delà de nos frontières.

 

 

 

 

Comment transformer un couloir en «U» en couloir en «V»? En y créant des lisières dont la faible taille des arbustes à l’âge adulte permet une implantation sous les lignes. Pour que ces espaces deviennent des couloirs verts, d’autres aménagements comme des vergers et des pâturages, où des vaches rustiques assurent un entretien naturel de la végétation, sont mis en place. Des prairies fleuries sont semées et deviennent le refuge d’une flore et d’une faune aussi rare que précieuse qui ont des répercussions positives sur l’agriculture et l’apiculture. En fonction des sites, les actions de RTE et d’Elia visent également à restaurer des habitats naturels de tourbières et de landes qui sont parmi les plus menacées d’Europe occidentale, et à en développer de nouveaux! Une centaine de mares a ainsi été creusée. Des biotopes particulièrement appréciés par les libellules, les amphibiens et les oiseaux des milieux humides.

Ce projet de longue haleine, qui s’achèvera fin 2017, a nécessité une phase préparatoire minutieuse pour établir un état des lieux des différents sites concernés (sécurité électrique, inventaire des types d’habitat, enjeux de territoire) et planifier toutes les interventions à prévoir pendant et après le projet LIFE. Il a aussi mobilisé un très grand nombre d’acteurs puisque RTE a fait le choix d’un modèle de convention tripartite (entre les propriétaires du terrain, les gestionnaires des espaces naturels et RTE) pour mener à bien ses actions. Sans oublier la mise en place d’indicateurs pour suivre l’évolution de la biodiversité bien au-delà de l’achèvement de LIFE. Car ce projet est destiné à s’inscrire dans le temps et à essaimer.

«Cette démarche est innovante, souligne Gérard Jadoul, coordinateur du projet LIFE-Elia-RTE, car d’ordinaire ce type de projet est porté par des associations environnementales. Elle démontre la capacité d’entreprises industrielles à s’emparer de l’enjeu de la biodiversité pour le placer au cœur de métier».

 

En attendant que la nature reprenne totalement ses droits, les premiers effets bénéfiques se font déjà sentir. En Haute-Durance (Hautes-Alpes), le verger fraîchement planté a délivré une première récolte de 60 kg de fruits au printemps dernier. En Forêt d’Orient (Aube), l’arrivée de moutons sous les lignes a été célébrée au printemps dernier. Quant aux tourbières restaurées dans les Ardennes françaises, elles ont vu le retour d’un hôte très remarqué: le lycopode inondé (Lycopodiella inundata) qui en avait disparu depuis plus d'un siècle! En Haute-Durance (Hautes-Alpes), une première récolte de 60 kg de fruits au printemps dernier permettra d’extraire les graines de plantes qui seront installées sous les couloirs de nouvelles lignes.

 

Le projet LIFE en chiffres :

  • En France, restauration de 60 ha répartis sur 7 sites
  • 171 partenaires mobilisés
  • En Belgique, restauration de 250 ha répartis sur 213 km de lignes haute tension

 

 

Chaque année, RTE consacre 35 M€ pour débroussailler 8 000 hectares afin d’éviter les risques de court-circuit entre ses lignes électriques et la végétation. Pilote national de la politique végétation chez RTE, Bruno Salvi explique comme l’entreprise développe des méthodes alternatives à l’entretien mécanisé, notamment en tissant des partenariats avec les propriétaires des terrains pour créer des aménagements favorables à la biodiversité.

 

5Et si on se formait ensemble pour des sites protégés ?

Et si on se formait ensemble pour des sites protégés?

En France, 118 km de lignes à haute et très haute tension croisent des réserves naturelles. Pour renforcer les actions déjà mises en place localement, RTE et Réserves Naturelles de France (RNF) ont signé en février 2015 une convention-cadre de partenariat national d’une durée de trois ans. Objectifs de cette collaboration à la fois opérationnelle et stratégique: agir ensemble dans chaque site concerné et acquérir une culture commune de la biodiversité sous les lignes. L’un des axes forts de ce projet? Former les salariés de RTE dont l’activité est en lien avec l’environnement afin de les sensibiliser sur les conséquences de leurs interventions sur la biodiversité. Il s’agit, notamment, des collaborateurs en charge de la maintenance. Avec pour but d’acquérir in fine les bons gestes au quotidien.

 

 
 
 

En tant que manager de l’entretien des lignes de RTE en Sologne, le cœur de métier de Ludovic Gérard est de s’assurer de l’efficacité de la maintenance du réseau. Il explique comment lui et ses équipes collaborent sur le terrain avec les gestionnaires des sites protégés pour limiter l’impact de leurs interventions sur l’environnement.

 

6En direct des pylônes du Loiret: La vie cachée du Balbuzard pêcheur

En direct des pylônes du Loiret: La vie cachée du Balbuzard pêcheur

Le Balbuzard pêcheur n’est pas uniquement une espèce rare et protégée. Il est aussi sensible au dérangement et ne doit pas être approché à moins de 300 mètres. Jadis présent en nombre autour des rivières, lacs et étangs, ce rapace majestueux a bien failli disparaître de France. Il a été éradiqué par l’homme au début du 20e siècle. Et puis… dans les années 1980, l’espèce est revenue nicher en Forêt d’Orléans (Loiret) qui abrite aujourd’hui plus de vingt couples. En 2006, un premier couple de Balbuzard pêcheur a construit son nid sur un pylône RTE. D’autres ont suivi – on dénombre aujourd’hui six couples – et c’est tout naturellement que RTE s’est associé aux travaux d’études et de protection mis en place par ses partenaires territoriaux locaux: l’Office national des forêts, des associations naturalistes, le Muséum d’Orléans, sous la houlette de la DREAL (direction régionale de l'environnement, de l’aménagement et du logement) Centre Val de Loire.

 

 

 

 

 

Lorsqu’au cours de l’été 2015, le Muséum d’Orléans propose à RTE d’installer une caméra sur des pylônes où nichent régulièrement des Balbuzards, nos équipes répondent immédiatement présent.

 

Il faut aller vite pour réaliser cet aménagement avant leur retour de migration d’Afrique.

C’est ainsi qu’en février 2016, un premier Balbuzard réinvestit son nichoir en direct sous l’objectif d’une caméra. Le but de ce projet baptisé «Objectif Balbuzard» est de mettre ces images à disposition des ornithologues qui travaillent à la préservation de cette espèce et de contribuer ainsi aux travaux d’études scientifiques.

Ce projet fait l’objet d’une convention avec l’Office National des Forêts (ONF), l’association Loiret Nature Environnement (LNE), la mairie d’Orléans. Pour RTE, il s’inscrit dans le prolongement des aménagements entamés dès 2008 pour protéger cette espèce menacée, notamment la pose de nacelles en métal pour éloigner les nids des câbles conducteurs et le bagage des oisillons.

Cette initiative est loin d’être unique. Partout en France, RTE conduit régulièrement des actions pour faciliter les études scientifiques de la faune et de la flore présente aux abords de ses lignes – bagage de cigogne en vallée de Seine. La préservation des espèces qui fréquentent ces sites fait également partie intégrante de la politique environnementale mise en œuvre pour réduire et compenser les impacts des lignes électriques sur leur milieu naturel. Dans les Marais de Bruges, RTE a récemment posé des balises avifaunes de nouvelle génération pour éviter les risques de collision.

 

Et tous les projets de nouvelles lignes sont assortis d’aménagements écologiques réalisés en collaboration avec des partenaires territoriaux: par exemple, en Haute-Loire, le projet 2loires a vu la réhabilitation de gîtes d’accueil pour les chauves-souris ; tandis qu’en Auvergne, ce même projet s’est accompagné de la construction d’un enclos de nourrissage pour le Milan royal.

Comme six autres Référents environnement tiers de RTE en France, Anne Bougeret, du Centre de développement ingénierie Rhône-Alpes Auvergne, est l’interlocutrice des gestionnaires des espaces naturels et protégés traversés par les lignes électriques. Elle nous explique pourquoi le regard des associations environnementales sur RTE a changé grâce aux aménagements que nous mettons en œuvre; et les enjeux de nos partenariats pour imaginer des impacts positifs sur la biodiversité.

 

1 Commentaires

Toutes ces initiatives sont à l'évidence louables et doivent être poursuivies . Mais on reste quelque peu songeur . Certes RTE n'est pas un promoteur éolien mais l'essor de cette production va s'accompagner de la mise en œuvre de plusieurs milliers de KM de lignes à haute-tension - cf la déclaration de Mme Batho devant l'assemblée nationale - Les mesures exposées ici sont impuissantes à protéger les paysages dénaturés dans leur essence même . car la sauvegarde du ciel n'est pas à la portée des acteurs dont on rapporte les démarches dans l'article .
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