Dossier
juin 2016
Cap sur les énergies marines
Le vent, les courants liés aux marées, les vagues… ces sources d’énergies marines offrent un grand potentiel. Leur intégration dans le système électrique contribuera à la réussite de la transition énergétique et au développement d’une nouvelle filière industrielle. Découvrez comment RTE et ses partenaires relèvent des défis pour raccorder ces nouvelles sources de production.

1L’avenir électrique passe par l’énergie de la mer

L’avenir électrique passe par l’énergie de la mer

Avec plus de 3 400 km de littoral, la France a toutes les cartes en main pour développer les énergies marines renouvelables (EMR). Elle bénéficie d’ailleurs du plus important potentiel en Europe dans ce domaine, après le Royaume-Uni. Autre atout: elle est un des rares pays à pouvoir envisager l’exploitation de chacune des six EMR identifiées à ce jour.

 

 

 

 

Un accélérateur pour la transition énergétique

La France compte s’appuyer pleinement sur ce potentiel pour atteindre les objectifs ambitieux de sa politique énergétique. En 2030, les énergies renouvelables devront en effet représenter 32% de la consommation énergétique du pays, contre un peu moins de 20% en 2015. Or la montée en puissance des énergies renouvelables les plus matures aujourd’hui – hydroélectricité, éolien terrestre, photovoltaïque et biomasse – ne suffiront pas à répondre à ce défi.

 

Les EMR constituent donc un levier stratégique, tout particulièrement l’éolien offshore, seule technologie aujourd’hui entrée dans une phase de déploiement commercial. En 2015, la capacité des éoliennes installées au large de 11 pays européens a ainsi dépassé les 11 000 MW. En 2030, cette capacité pourrait varier entre 44 600 MW et 98 000 MW selon l’EWEA (Association européenne de l’énergie européenne). La France figurerait alors à la troisième position derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec une capacité installée comprise entre 6 000 et 15 000 MW.

 

L’essor d’une nouvelle filière industrielle

Qui dit développement des EMR dit aussi structuration d’une filière industrielle française dédiée, notamment pour l’éolien offshore. En amont, il faut fabriquer les pâles, les nacelles et les moteurs des éoliennes. STX, le chantier naval de Saint-Nazaire, a par exemple inauguré en 2015 une nouvelle usine fabricant notamment les fondations métalliques des éoliennes et des sous-stations électriques. Les PME s’organisent également au sein de pôles de compétitivité. Enfin, le monde de la recherche est mobilisé – lire l’article « Le raccordement en mer, un défi pour les câbles: le projet EMODI ».

 

 

Les ports doivent eux aussi s’équiper de nouvelles infrastructures adaptées aux dimensions des éoliennes qui peuvent parfois atteindre l’envergure d’un Airbus A380 ! Il faut aussi se préparer pour assurer la maintenance des parcs dans la durée. Au total, la filière de l’éolien en mer devrait générer 10 000 emplois en France, selon le ministère de l’Environnement.

RTE mobilisé sur 6 parcs éoliens en mer

Ces EMR devront être raccordées au réseau de transport pour acheminer l’électricité produite vers les centres de consommation. Avec des enjeux bien particuliers pour RTE. Saviez-vous par exemple que la puissance des parcs éoliens offshore est en moyenne 50 fois plus élevée que celle des parcs terrestres ? Que les vents sont bien plus réguliers lorsqu’on s’éloigne des côtes que sur terre assurant ainsi une production plus régulière ?

Très en amont, RTE est impliqué sur la localisation des postes de raccordement, leur capacité d’accueil et le dimensionnement du réseau, autant de critères qui aident à déterminer l’implantation géographique des parcs.

 

 

Ainsi, RTE accompagne le développement des projets EMR tout au long d’un processus qui peut durer jusqu’à 10 ans – lire l’article « L’accueil des énergies marines sur le Réseau en 4 étapes ». Ses équipes sont actuellement mobilisées sur six projets de parcs éoliens offshore, dont les premiers verront le jour en 2020. Sélectionnés à la suite de deux appels d’offres menés par l’État en 2011 et 2013, ils seront composés de 62 à 83 éoliennes, pour une puissance comprise entre 450 et 500 MW. Concrètement, cela représente pour RTE 150 km de câbles sous-marins à installer, 130 km de câbles terrestres, trois nouveaux postes de raccordement à créer et deux autres à étendre !

Les projets EMR en cours:

> Fécamp

- 83 éoliennes, d’une capacité totale de 498 MW
- 18 km de liaison sous-marine
- Mise en service: 2020

> Courseulles

- 75 éoliennes d’une capacité totale de 450 MW
- 15 km de liaison sous-marine.
- Mise en service : 2020

> Saint-Nazaire

- 80 éoliennes d’une capacité totale de 480 MW
- 33 km en liaison sous-marine
- Mise en service : 2020

> Saint-Brieuc

- 62 éoliennes d’une capacité totale de 496 MW
- 33 km de liaison sous-marine
- Mise en service: 2020

> Yeu - Noirmoutier

- 62 éoliennes d’une capacité totale de 496 MW
- 33 km de liaison sous-marine
- Mise en service: 2021

 

 

 

> Dieppe - Le Tréport

- 62 éoliennes d’une capacité totale de 496 MW
- 24 km de liaison sous-marine.
- Mise en service: 2021

 

2Transformer l’énergie marine en électricité: comment ça marche?

Éolien offshore posé

L’éolien offshore posé capte et convertit l’énergie du vent selon les mêmes principes qu’une éolienne terrestre. Seule EMR parvenue à la phase commerciale en Europe, les éoliennes en mer profitent d’un vent plus fort et plus régulier que sur terre,

d’où une production beaucoup plus régulière que sur terre. Elles sont posées sur le fond des mers à une distance de 15 à 30 kilomètres des côtes.

 

Éolien offshore flottant

L’éolien offshore flottant est en cours de développement pré-commercial. Les éoliennes flottantes peuvent davantage s’éloigner des côtes et bénéficier d’un meilleur régime de vent. Elles permettront d’exploiter des gisements inaccessibles aux éoliennes posées lorsque les fonds plongent rapidement,

notamment en Méditerranée et dans l’Atlantique. Différentes technologies sont utilisées, le principal problème étant celui de la stabilisation du flotteur.

 

Énergie hydrolienne

L’énergie hydrolienne capte l’énergie des courants générés par les marées pour produire de l’électricité. Elle suppose de forts courants de renverse (changements de marée). Différentes technologies ont été testées, notamment en France, en Norvège et en Écosse.

Quelques prototypes fonctionnent mais, en France, elle reste un marché de niche. Son intérêt est d’être prédictible, l’intensité et le rythme des marées étant prévisibles des dizaines voire des centaines d’années à l’avance.

 

Énergie thermique

L’énergie thermique des mers exploite la différence
de température entre les eaux de surface et de profondeur pour générer de l’électricité. Son potentiel est limité aux zones tropicales où la différence de température est d’au moins 20 °C.

Outre la production d’électricité, l’énergie thermique permet de multiples applications: climatisation, dessalement, aquaculture…

 

Énergie houlomotrice

L’énergie houlomotrice
utilise l’énergie des vagues, avec un potentiel considérable. Mais un foisonnement de technologies doit encore démontrer la faisabilité technique. Le Brésil développe un projet dans ce sens pour produire de l’électricité grâce aux vagues qui se brisent sur son littoral.

Le Portugal et l’Australie ont eux aussi développé des prototypes qui sont actuellement à l’essai.

 

Énergie osmotique

L’énergie osmotique est récupérée en utilisant une membrane semi-perméable qui met en contact de l’eau douce sur une face et de l’eau de mer sur l’autre. Potentiellement cette technique est exploitable aux embouchures des fleuves.

La faisabilité technico-économique de cette technologie est encore à l’étude. La Norvège a développé le premier prototype de centrale osmotique au sud d’Olso.

 

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3Filière EMR française: « ça se joue maintenant! »

Filière EMR française: « ça se joue maintenant! »

Partout dans le monde – et particulièrement en Europe – le marché des EMR se structure. En France, de nombreuses entreprises se développent avec des expertises très pointues. Pour assurer leur pérennité, elles s’organisent parfois en filière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est l’ambition de Neopolia EMR, cluster de sociétés spécialisées dans les énergies marines, issues de la région Pays de la Loire.

 

Ce groupement fait partie de Neopolia, réseau qui fédère plus de 230 entreprises industrielles de la région dans 5 domaines d’activité (aérospace, rail, EMR, marine et Oil&Gas). Neopolia EMR réunit pour sa part 120 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) qui couvrent toute la chaîne de valeur des énergies marines, depuis les études amont jusqu’aux éventuelles études de démantèlement des installations, en passant par l’exploitation ou la maintenance.

 

« L’objectif, c’est de réussir ensemble ce que chacune de ces entreprises serait incapable de faire seule » explique Dominique Follut, vice-président de Neopolia EMR. «Plus précisément,  nous unissons nos forces dans une logique de complémentarité, pour pouvoir apporter des réponses globales pertinentes aux grands donneurs d’ordre du marché. Notre approche est collaborative, à la manière d’une entreprise mutualisée ou étendue».

L’union fait la force

Ensemble, les entreprises de Neopolia EMR travaillent sur 6 offres globales, en cours de finalisation. Par exemple, pour la fourniture de fondations "posées" ou "flottantes" d'hydrolienne, comprenant : l’étude amont du site d’implantation, la conception de la structure, la réalisation et l’étude d’installation de fondation. Chaque offre est portée par 6 à 8 sociétés en moyenne. Une première solution « clé en main » a d’ores et déjà été lancée en juin 2016 sur les systèmes d’électro-monitoring : ceux-ci permettent de suivre en permanence « l’état de santé » des installations EMR via des capteurs. « Cette offre illustre bien la diversité de nos savoir-faire et notre capacité à les combiner efficacement » indique Dominique Follut.

 

 

« Elle réunit en effet les compétences d’entreprises comme Valemo, spécialisée dans la maintenance et l’exploitation des parcs éoliens. Mais aussi Net-Wind, « pure-player » de la maintenance éolienne ; ou Capacité, société de valorisation de l’Université de Nantes disposant de nombreux laboratoires ; ou encore Meteodyn, PME nantaise capable de réaliser des prévisions microclimatiques de grande précision sur les sites des installations en mer. L’offre est pilotée par Keops Automation, groupe d’ingénierie de réalisation en process industriels», Ceteal, Innosea, SNEF et Bureau Veritas complètent l’offre.  

Un partenariat gagnant-gagnant avec les grands acteurs de marché

Neopolia EMR répond aussi aux appels d’offres ou appels à projets lancés par les grands acteurs du marché. Elle le fait en s’appuyant sur ses offres globales, ou en identifiant en son sein les membres les mieux à mêmes d’apporter une réponse cohérente et performante. A chaque fois, cette réponse est portée par une seule entité : l’assurance pour le donneur d’ordre de pouvoir s’adresser à un interlocuteur unique.

 

Un exemple : Neopolia EMR a remporté en 2015 son premier contrat pour réaliser 5 berceaux de nacelles de transport d’éolienne offshore pour General Electric. ADF Côte Ouest et Gestal - spécialisées notamment en chaudronnerie et tuyauterie - portent ensemble le projet.

 

 

« Une mission complexe, puisque ces berceaux doivent s’adapter pour aller de l’usine de fabrication des éoliennes jusqu’au lieu de pose en mer ! Tout cela en supportant une charge extrêmement lourde» souligne Dominique Follut. « Nous avons beaucoup échangé avec les équipes de G.E. dans une démarche de co-développement, pour ajuster notre réponse à leurs attentes.  Plus largement, les PME et ETI de Neopolia EMR ont entrepris un travail de fond main dans la main avec les principaux acteurs du marché, autour de leurs grandes problématiques. Dans cette perspective, nous sommes amenés à tisser des liens plus étroits avec RTE dans les années à venir ».

L’innovation de la filière française fera la différence

Le moment est propice pour encourager de telles synergies, indispensables pour bâtir une véritable filière française EMR. Tout d’abord, parce qu’il y a encore beaucoup de choses à imaginer, de solutions techniques inédites à trouver. Les champs éoliens offshore actuels se situent souvent dans le nord de l’Europe. Les futurs champs dans l’Océan Atlantique ou la Manche impliqueront des conditions de mer très différentes, avec de nouveaux défis à relever. Par ailleurs, de nombreux tests sont en cours, avec par exemple des appels d’offres pour des fermes hydroliennes expérimentales.

 

Pour Dominique Follut, « en associant des PME françaises à ces projets, on leur permet de se confronter concrètement aux enjeux, sur le terrain. Je suis convaincu qu’au-delà d’une nécessaire compétitivité sur les coûts, c’est cette expérience et cette puissance d’innovation qui feront ensuite une réelle différence sur le marché, y compris à l’international ».

 

4Les câbles sous-marins du futur, avec le projet EMODI

Les câbles sous-marins du futur, avec le projet EMODI

Pour favoriser l’essor des EMR, il est nécessaire d’améliorer le potentiel des câbles sous-marins et leur maintenance. En effet, les courants des marées, la houle, la corrosion, ou encore la pression ne leur rendent pas la vie facile, les risques de défaillance sont importants dans ces conditions inhospitalières. Le câble d’énergie sous-marin constitue donc un élément central de ces nouvelles infrastructures. Les coûts encore élevés de production, d’installation et de maintenance de ces câbles en milieu marin constituent aujourd’hui un frein à leur développement. Pour y faire face, RTE et des partenaires industriels et académiques ont lancé un projet de recherche industriel ambitieux. Lancé en janvier 2015 et intitulé EMODI,* le projet se déroulera sur quatre ans. Les premiers résultats sont attendus pour la fin de l’année.

 

© Sylvain Bonniol

 

 

 

Des cordons ombilicaux pour les éoliennes flottantes

Afin de relier l’éolienne flottante (qui bouge au gré du vent et des vagues) au câble « export » situé sur le fond marin (qui est donc fixe), il est nécessaire de développer des câbles qui soient « dynamiques », c’est-à-dire capables de s’adapter à la trajectoire des éoliennes flottantes ainsi qu’à leurs sollicitations mécaniques. Ces câbles doivent pouvoir résister à des contraintes hydrodynamiques très importantes, liées aux mouvements répétitifs des masses d’eau. Les premiers « cordons ombilicaux » installés en France sont en expérimentation sur le site du SEM-REV depuis l’été 2015, pour assurer un raccordement en moyenne tension. 

Conjuguer des expertises de pointe

Dans le cadre du projet EMODI, financé en partie par l’Agence Nationale de la Recherche, RTE travaille main dans la main avec les équipes du Commissariat à l’Énergie Atomique, du câblier Nexans, de l’Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux (IFSTTAR), de l’Institut de Recherche en Énergie Électrique de Nantes-Atlantique (IREENA) et de l’École centrale de Nantes. Celle-ci pilote en effet, au large de Guérande, le premier site d’expérimentation mondial en mer nommé SEM-REV – lire l’article « Une journée sur le premier site français d’essai en mer ».

 

* Energy grid Monitoring and DIagnosis: maintenance corrective et prédictive des câbles de fermes énergétiques offshore

 

© Sylvain Bonniol

 

5À la découverte du 1er site d’expérimentation en mer

À la découverte du 1er site d’expérimentation en mer

 

SEM REV est un site d’expérimentation en mer unique en son genre. Créé par l’École centrale de Nantes et opéré en collaboration avec le CNRS, sa vocation est de tester en conditions réelles de nouvelles technologies de récupération des énergies houlomotrices et éoliennes.

 

 

 

 

 

 

Une première éolienne flottante entrera ainsi en fonction en 2017. Rencontre avec le directeur du site d'essai SEM-REV, Christian Berhault.

Comment est né le site d’essais SEM-REV?

Il faut savoir que l’École Centrale de Nantes travaille sur les EMR – et particulièrement sur les technologies houlomotrices – depuis 25 ans. Elle a pour cela développé des compétences, des outils de modélisation numérique et des moyens d’essai sur des maquettes à l’échelle 1/10e, notamment des bassins de houle. Au bout de quelques années, nous avons toutefois ressenti le besoin de confronter nos recherches aux conditions réelles et grandeur nature.

 

L’idée de créer un site de tests en mer est donc née en 2007, une initiative inédite en France. Nous avons commencé par définir l’ingénierie financière du projet avant de délimiter le périmètre géographique du site de test: une zone d’1 km2 située à une vingtaine de kilomètres au large des côtes du Croisic (44), avec des conditions de vent et de houle adaptées. Puis, nous avons fait les demandes d’autorisations administratives indispensables, notamment pour obtenir une concession du domaine public maritime.

 

Que trouve-t-on sur le site aujourd’hui ?

À terre, on trouve une base opérationnelle rattachée à Centrale Nantes. Elle accueille l’équipe opérationnelle du site d’essai et des ateliers mécaniques et électroniques, pour assurer le développement et la maintenance des matériels. 

En mer, nous avons installé plusieurs composants du projet. Tout d’abord, des instruments de mesure des conditions environnementales: houle, vent, paramètres de l’eau de mer, vie marine, etc. Ces données sont enregistrées en permanence depuis 2009 et constituent des informations précieuses pour bien dimensionner les futurs équipements. Elles seront aussi indispensables pour réaliser les études d’impact, quand ces machines auront été installées.

 

 

© Sylvain Bonniol

© Sylvain Bonniol

Autre élément essentiel: le « câble d’export » mis en place en 2012, il permettra de transporter l’énergie générée par les premières éoliennes flottantes jusqu’au réseau à terre. En 2015, nous avons par ailleurs adapté à l’extrémité de ce câble un véritable hub sous-marin: il s’agit d’une sorte de multiprise géante qui permettra de connecter trois appareils produisant de l’énergie. Cette pièce innovante, développée sur mesure, pourra par la suite être réutilisée pour d’autres applications. L’an dernier, nous avons aussi déployé le câble dynamique qui reliera notre câble d’export à la première éolienne flottante. Ce câble ombilical est également utilisé dans le cadre du projet EMODI, piloté par RTE – lire l’article « Projet EMODI: les câbles sous-marins du futur ».

 

 

© Sylvain Bonniol

Quelles sont les prochaines étapes ?

En septembre prochain, nous allons installer les lignes d’ancrage qui permettront d’ancrer la future éolienne flottante de nouvelle génération, développée dans le cadre du projet européen Floatgen. Le raccordement de cette éolienne sur le site SEM-REV est prévu au printemps 2017.

Un système houlomoteur sera également déployé l’an prochain. D’ici deux ans, l’entreprise Adwen, spécialiste de l’éolien en mer, pourrait installer sur le site une éolienne de grande puissance, capable de générer 8 MW.

 

 

L’électricité produite sera alors trop importante pour être acheminée directement sur le réseau de distribution. En partenariat avec les équipes d’ENEDIS et de RTE, nous prévoyons donc de poser un nouveau câble entre notre poste de livraison au Croisic et le poste source RTE de la Baule.

Quels sont les bénéfices actuels et à venir du projet?

Je crois que le principal bénéfice, c’est le retour d’expérience. Nous sommes partis en quelque sorte d’une page blanche – ou presque – et nous accumulons des informations, des enseignements. Ceux-ci seront ensuite très utiles pour développer efficacement des projets d’EMR à grande échelle. Et ils ne sont pas uniquement liés à la technologie, loin de là ! Un exemple: les questions de droit maritime et de sécurité. Que se passe-t-il si un bateau en panne de moteur dérive sur le site SEM-REV et percute une éolienne ? Ou si une des lignes d’ancrage est rompue ? Autant de situations qu’il faut anticiper et pour lesquelles il n’existe pas d’antécédents. Nous apprenons aussi beaucoup sur les opérations marines liées à l’installation des équipements, les périodes de l’année propices, les coûts…

 

Une fois la première éolienne flottante en place, nous pourrons par ailleurs valider ses performances en conditions réelles de fonctionnement. Produira-t-elle autant d’énergie que nos modèles prédictifs l’affirment ? Comment vivra-t-elle dans le temps, dans un environnement marin par nature contraignant pour les équipements ? Ces retours d’expérience seront eux aussi essentiels pour développer ensuite des systèmes en mer qui fourniront, demain, de nouvelles sources d’énergie durable.

 

6L’accueil des énergies marines sur le réseau, en 4 étapes

L’accueil des énergies marines sur le réseau, en 4 étapes

Les sites de production des EMR sont situés loin des côtes. Comment RTE s’organise-t-il pour acheminer ces flux jusqu’à la terre ferme et les insérer sur le réseau électrique ?
Tour d’horizon en 4 étapes.

 

 

 

1. Les études techniques et d’ingénierie

Face à des enjeux souvent inédits, RTE mène en amont du projet une série d’études pour concevoir des solutions innovantes et pertinentes. Les experts analysent par exemple de manière fine les phénomènes électrotechniques liés aux spécificités du raccordement des EMR (fortes puissances, longueurs importantes des câbles sous-marins et souterrains). Ils réalisent aussi des évaluations géophysiques et géotechniques, ou encore des opérations de détection d’engins non explosés. Avec, à la clé, des données indispensables pour définir le design technique du raccordement, le tracé de la ligne, la méthode de protection des câbles, ou encore le poste à terre le mieux adapté pour accueillir la production offshore. Ces études permettent de proposer aux pouvoirs publics des zones propices à l’implantation des parcs.

 

 

 

 

2. La concertation et l’étude d’impact

La concertation est une phase clé pour la réussite et l’acceptation d’un projet. RTE est à l’écoute de l’ensemble des acteurs locaux concernés: usagers et professionnels de la mer, élus, services de l’État, associations environnementales… et ce, à chaque phase du projet de la définition du tracé, en passant par les études, jusqu’à l’organisation des travaux. Pour mieux appréhender le milieu marin et ses usages, RTE développe de nouveaux partenariats, comme celui signé en 2014 avec le Comité National des Pêches Maritimes et des Élevages Marins (CNPMEM).

Les enjeux environnementaux sont analysés minutieusement et pris en compte à travers de nombreuses études. RTE a par exemple lancé un projet d’expérimentation afin d’évaluer les impacts potentiels de l’exploitation des lignes sous-marines en collaboration avec un bureau d’études et deux laboratoires du CNRS. Il s’agit d’utiliser la coquille Saint-Jacques comme bio-indicateur de la qualité du milieu marin.

 

3. Les travaux de raccordement

Dans le cadre des appels d’offres lancés par l’État français en 2011 et 2013, RTE a pour mission de réaliser le raccordement des futures installations offshore au réseau de transport d’électricité. RTE s’engage auprès des producteurs d’EMR – qui financent les travaux – sur des délais et un coût de réalisation. Il s’inspire naturellement du retour d’expérience des premières réalisations de ce genre en Europe et mobilise ses équipes spécialisées dans des domaines pointus: les nouveaux matériels innovants, l’insertion dans le réseau de liaisons souterraines de grande longueur ou les phénomènes électrotechniques complexes et particuliers. Les travaux de raccordement sont programmés dès 2017 pour une mise en service prévue dès 2020. Sur l’ensemble des 6 sites offshores reliés par RTE au réseau, ce seront plus de 150 km de liaisons sous-marines qui auront été installés.

 

 

 

4. L’exploitation et la maintenance

Une fois les travaux de raccordement réalisés, RTE devra insérer la production de ces parcs éoliens de forte puissance dans le système électrique, avec une énergie par nature intermittente. Un atout pour cela: les outils « maison » de prévision de la production, comme la plateforme IPES (Insertion de la Production des Énergies renouvelables dans le Système électrique). RTE mettra également en place une maintenance adaptée à ces nouvelles infrastructures, pour garantir une fiabilité optimale. Un impératif dont les équipes ont l’habitude: RTE exploite en effet déjà plusieurs liaisons sous-marines, notamment l’ « IFA 2000 » entre la France et l’Angleterre depuis près de 30 ans.

 

3 Commentaires

Belles opportunités !
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Article très intéressant mais, peut être un peu trop optimiste. En effet, il est toujours mis en avant les puissances installées en MW jamais, il n'est donné d'information sur le productible espéré (GWh) et, encore moins sur le prix du kWh produit. Au passage même si ce n'est plus la mode, l'article aurait pu quand même rappelé que parmi les énergies tirées de la mer, il existe l'usine marémotrice de La Rance qui tourne depuis 1968 (240 MW, 500 GWh/an, à environ 20 c€/kWh).
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Vous vous enfoncez dans l’erreur de la Loi sur la Transition Energétique (LTE) qui consiste à espérer réaliser la totalité de la production électrique d’un pays de la taille de la France par des énergies intermittentes. Cette ambition nécessiterait un stockage d’énergie que personne n’a encore réalisé et qui n’a aucune chance de devenir économiquement acceptable. Le lobby EnR a déjà bâti quelques jolies fortunes aux frais des citoyens par le biais de la CSPE (autre scandale). La « sortie du nucléaire » lui serait agréable, la LTE y pourvoira subrepticement Dommage car le nucléaire apporte au moindre coût la solution comme le démontre le projet de « Grand Carénage », récemment approuvé par l’ASN
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