Actualité-
16.11.2018
20 000 lieues sous les éoliennes

Pas d’évaluation archéologique sous-marine, pas d’éoliennes en mer. Etape indispensable avant de commencer les travaux, ces campagnes d’évaluation permettent de détecter d’éventuels vestiges sur les tracés des raccordements électriques des parcs et les emplacements des éoliennes. Zoom sur une activité pas comme les autres qui concerne trois projets méditerranéens de RTE.

Le DRASSM : inspecteur des fonds marins

L’évaluation archéologique sous-marine se réalise en deux temps. D’abord, le navire du DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marine du Ministère de la Culture et de la Communication), l’André Malraux sillonne les zones du raccordement et du parc éolien, pour détecter d’éventuelles « anomalies » visibles sur le fond marin à l’aide d’outils de pointe comme le magnétomètre  ou le sonar à balayage latéral. À l’issue de cette campagne de détection, les fonds marins n’auront plus de secrets pour les experts archéologues sous-marins. Buste romain, obus de la seconde guerre mondiale, épave ou bien tout simplement casier de pêche abandonné au large… Chacun des points suspects détectés lors de la première phase sera ensuite passé au peigne fin lors d’un deuxième passage du bateau. L’inspection se fait, soit par des plongeurs (jusqu’à 50m) soit à l’aide de robot télécommandé (ROV, ou remotely operated vehicle). Selon la valeur archéologique des découvertes, le tracé du raccordement électrique ou le dispositif d’ancrage des éoliennes sera alors adapté pour les éviter.

 

Interview  de Souen Fontaine, Archéologue maritime Responsable du littoral de la Région Sud Est

Quelle est la particularité d’une campagne archéologique  pour les éoliennes ?

Pour faire ces campagnes nous utilisons  une méthodologie spécifique que nous avons mise au point. Nous avons fait notre 1er survey* en 2014 pour les parcs d’éoliennes posées en Atlantique. Si nous n’avions pas été sollicités pour réaliser ces études nous ne serions pas allés dans ces zones. C’est une belle opportunité pour nous, archéologues, de découvrir des choses qu’on n’attendait pas.

Dans quel endroit sont analysés les fonds ?

Dans la salle d’opérations, c’est le cœur névralgique du bâtiment. 24 heures sur 24 des hydrographes se relaient par binôme pour acquérir et analyser les données. C’est un travail de titan.

Quel est la découverte la plus insolite réalisée ?

L’été dernier, lors d’une campagne sur des câbles électriques entre la France et l’Angleterre nous avons trouvé une épave du 15ième siècle, c’est très émouvant !

Zoom sur les projets méditerranéens

Pour les projets des Eoliennes du Golfe du Lion, situé au large de Leucate et le Barcarès, d’Eolmed, situé au large de Gruissan et de leur raccordement électrique, la première campagne a débuté le 25 septembre dernier et a duré deux semaines. La deuxième campagne s’est terminée le 9 novembre : les quatre cibles identifiées lors de la première campagne ne correspondent pas à des vestiges archéologiques

Pour le projet de Provence Grand Large, au large de Faraman, la deuxième campagne a d’ores et déjà eu lieu pendant 3 jours à la fin septembre, durant lesquels, 9 points ont été analysés. Le robot était équipé d’un sonar et de caméras HD. Aucune trace de vestige ou d’épave n’a été visualisée sur les lieux. Le tracé a donc été validé. Petite particularité, la campagne a été menée par l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventive) selon les prescriptions du DRASSM.

 

0 Commentaires

Vous souhaitez laisser un commentaire ?

Les commentaires sont visibles après validation. Quant au contenu des commentaires (véracité, objectivité...), il n’engage que leur auteur. Lire la charte des commentaires.

* champs obligatoires
CAPTCHA
Cette question permet de tester si vous êtes bien un être humain, réduisant ainsi les risques de spamming.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Découvrir d'autres actualités

14.12.2018
Les Femmes et les Hommes de RTE font la force de l’entreprise. A l’heure de la sortie de notre Bilan social 2018, découvrez en quelques chiffres clés...
12.12.2018
Comment gérer au mieux l’explosion du nombre de producteurs d’électricité et la diversification des modes de consommation ? C’est l’objet du projet "...
07.12.2018
Chaque jour, le réseau vit grâce à la formidable énergie des hommes et des femmes qui le compose. 8500 visages à découvrir. Le temps de quelques...