Actualité-
18.01.2019
Destination Bolivie : l’expertise RTE s’exporte !

Du 18 au 22 novembre 2018, l’Agence Française du Développement a chargé RTE International de réaliser une mission bien spécifique : s’envoler pour La Paz afin de rencontrer les principaux acteurs du secteur électrique bolivien et identifier des axes d’amélioration pour la gestion d’un réseau électrique en plein essor.

Maria Giralt-Devant, chargée d’affaires clients à Marseille, et Eric Morelle, consultant RTE International, se prêtent au jeu de l’interview croisée pour partager avec nous leur expérience.

Racontez-nous, en quoi a consisté votre mission en Bolivie ?

Eric : Cette mission est un peu particulière par rapport aux prestations d’assistance que nous réalisons habituellement à RTE International. Cette fois-ci, nous avons directement travaillé pour l’Agence Française de Développement, une institution de financement publique qui soutient la croissance des pays en développement. Souhaitant aider la Bolivie à développer son réseau électrique et à y intégrer les énergies renouvelables, elle nous a demandé de l’aider à réaliser un diagnostic des capacités existantes et, suite à cela, de recenser les conclusions de notre audit dans un rapport. Le but était de cibler les secteurs et activités dans lesquels l’expertise bolivienne nécessite d’être renforcée pour répondre aux défis du réseau électrique de demain, transition énergétique comprise !

Maria : Oui, l’idée était vraiment d’identifier les axes d’amélioration prioritaires pour que l’Agence Française de Développement sache où apporter son soutien. Eric et moi avons donc animé des ateliers avec les principaux acteurs du réseau électrique bolivien (de nombreuses entreprises, le ministère de l’Énergie, l’équivalent local de la CRE…). Sur 4 jours, les échanges ont été denses et enrichissants. Nous avons abordé de très nombreux sujets autour de la gestion du réseau électrique et de l’intégration des énergies renouvelables : la planification du développement réseau, l’exploitation du système électrique en temps réel, les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables… et même les problématiques RH ! Nous avons pu comparer les pratiques boliviennes aux nôtres et les faire profiter de notre expertise européenne.

Eric Morelle, consultant RTE International et Maria Giralt-Devant, chargée d'affaires clients à Marseille

Justement, quelle expertise peut apporter un gestionnaire de réseau de transport européen comme RTE à la Bolivie ?

Maria : Notre savoir-faire historique ! En Bolivie, la demande électrique est en plein boom (elle croît d’environ 6 % par an). Pour y faire face, de nombreuses centrales de production sont en train d’être installées dont une partie est d’origine renouvelable. Le développement des énergies renouvelables démarre donc tout juste, alors qu’en France et en Europe, nous sommes déjà passés par cette étape il y a un certain temps. Nous avons donc une vraie expertise à partager avec eux pour les aider à monter en compétence.

 

Eric : En effet, nous sommes en mesure de faire bénéficier les acteurs boliviens de notre expérience réussie dans le domaine de l’intégration des énergies renouvelables, à laquelle s’ajoute notre expertise construite au gré de nos prestations internationales.

Ils se retrouvent face à un certain nombre de défis auxquels nous avons déjà été confrontés. Par exemple, lors de notre séjour, nous avons identifié la nécessité d’adapter le processus d’exploitation de leur réseau.

En particulier, la capacité à prévoir et à superviser la production intermittente de l’éolien ou du photovoltaïque, indispensable pour garantir la sûreté du système électrique.

Comment savoir ce qui est produit en temps réel sur le réseau ? Comment prévoir les capacités de production pour le jour ou la semaine suivante ? Le réseau peut-il supporter l’arrêt brutal de production d’une ou plusieurs centrales solaires ?

Ce sont autant de questions auxquelles il va falloir que la Bolivie réponde pour garantir une exploitation sûre de son réseau. Or, RTE a été confronté à ces problématiques dans les années 2000. Nous avons mis en place un certain nombre de méthodes et de modèles pour prévoir à court et moyen terme la production des parcs éoliens et photovoltaïques. Nous disposons donc du savoir-faire et des outils nécessaires pour encourager le développement des renouvelables.

Et, à l’inverse, sortez-vous plus riche de cette expérience ?

Maria : Oui, c’est avant tout un partage ! On apprend beaucoup de nos différences. Par exemple, le réseau de transport électrique bolivien ne compte que 5 000 km de lignes, alors que celui de la France fait plus de 105 000 km. Il est donc beaucoup plus petit que le nôtre. Et c’est sans compter qu’il est très isolé : le maillage réseau au niveau national est faible et il n’y a pas d’interconnexions avec les pays voisins. L’intermittence des énergies renouvelables a donc un impact beaucoup plus important sur l’équilibre production-consommation.

Eric : Le renforcement des interconnexions est d’ailleurs l’un des autres axes d’amélioration que nous avons identifiés. Le réseau bolivien est pour l’instant relativement isolé, contrairement à la France dont le réseau est relié à ceux d’autres pays européens pour mutualiser les ressources, permettre le secours mutuel et développer les marchés de l’électricité. Il risque donc de ressentir davantage les effets négatifs de l’essor des énergies intermittentes : en cas de non-production d’une centrale éolienne ou photovoltaïque, seuls les moyens de production du pays peuvent compenser le déséquilibre.

Maria : On ne se rend plus compte que le réseau ENTSO-E [réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport de l’électricité, ndlr] est « une grosse machine » très complexe. Le réseau bolivien est confronté à des problématiques beaucoup plus concrètes. Et c’est très intéressant de sortir un peu de son métier quotidien pour découvrir d’autres modes de fonctionnement, d’autres enjeux et s’y adapter !

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de ces quelques jours en Bolivie, ce serait…

Eric : Ce que nous avons pu constater avec Maria, c’est que la Bolivie fait preuve d’un grand dynamisme social et économique. Il y a beaucoup de perspectives de développement et de nombreux défis à relever. C’est toujours stimulant de se dire qu’on peut les accompagner pour répondre à ces défis. On apporte notre pierre à l’édifice, en quelque sorte.

Maria : Nos profils complémentaires avec Eric ont permis de balayer de nombreuses problématiques et d’apporter des regards différents sur les enjeux du système électrique bolivien. Cette mission a vraiment été très enrichissante, très intéressante… et très intense !

 

 

0 Commentaires

Vous souhaitez laisser un commentaire ?

Les commentaires sont visibles après validation. Quant au contenu des commentaires (véracité, objectivité...), il n’engage que leur auteur. Lire la charte des commentaires.

* champs obligatoires
CAPTCHA
Cette question permet de tester si vous êtes bien un être humain, réduisant ainsi les risques de spamming.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Découvrir d'autres actualités

24.04.2019
Le Code de l’énergie impose aux gestionnaires de réseaux électriques un contrôle technique régulier de leurs ouvrages. Cette mission est assurée par...
19.04.2019
Chaque jour, le réseau vit grâce à la formidable énergie des hommes et des femmes qui le composent. 8 500 visages à découvrir. Le temps de quelques...
12.04.2019
Le ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, François De Rugy, suggère la généralisation du dispositif Ecowatt, en se...