Actualité-
08.10.2018
Electromobilité : quel impact sur le système électrique ?

 

Alors que le Mondial de l’Automobile a ouvert ses portes à Paris il y a quelques jours, quelles sont les perspectives de développement des véhicules électriques ? Et avec quelles conséquences sur la consommation, l’équilibre offre-demande ou la transition énergétique.

 

Du 4 au 14 octobre, plus d’un million de visiteurs sont attendus dans les travées du Mondial Paris Motor Show – le nouveau nom du Mondial de l’Automobile –, au Parc des expositions de la Porte de Versailles. Cet événement a ramené sur le devant de la scène le débat sur l’avenir des voitures à moteur thermique et le développement des véhicules électriques. Ces derniers, même s’ils représentent encore une part infime du parc automobile (1,2 % des nouvelles immatriculations en 2017), ont clairement le vent en poupe. Les experts parlent de 150 000 unités vendues par an en 2022, contre environ 30 000 aujourd’hui. Et le Plan Climat lancé par le Gouvernement, qui fixe à 2040 la fin de la commercialisation des véhicules essence ou diesel, devrait doper les ventes au cours des prochaines années.

Un défi pour la gestion du système électrique

Cette évolution, si elle se confirme, ne sera pas sans conséquence sur le système électrique. En particulier si plusieurs millions de voitures venaient à être mis en charge lorsque leurs conducteurs rentrent chez eux, au moment de la pointe de consommation de 19h. Comment, dès lors, répondre à cette demande supplémentaire d’électricité ? Et comment gérer cette contrainte dans un contexte de développement rapide des énergies renouvelables, dont la production est par nature dispersée et intermittente ? "L’apparition d’un parc significatif de véhicules électriques n’est pas pour demain", modère Maïté Jauréguy, chargée de mission à la direction générale de RTE. "Et cette évolution va aller de pair avec une digitalisation massive des réseaux électriques qui offre de formidables opportunités pour l’accompagner."

De nouveaux leviers de flexibilité

Les innovations autour des smart grids permettront de piloter beaucoup plus finement la demande. Il sera ainsi possible de différer la charge de ces véhicules électriques à des périodes où le réseau ne connait pas de contraintes, ou pour absorber un pic de production photovoltaïque. Ils constitueront, de ce fait, un nouveau levier de flexibilité pour la gestion du système électrique et, plus encore, pourront être utilisés comme un moyen de stockage transitoire. "Nous nous intéressons de près à cette question", affirme Maïté Jauréguy.

Des instances de dialogue et de réflexion transversales

Dans ce domaine qui implique de très nombreux acteurs (constructeurs automobiles, distributeurs d’énergie, régions, métropoles…), RTE plaide pour la mise en place d’instances de dialogue et de réflexion transversales. L’entreprise participe ainsi à plusieurs groupes de travail, que ce soit sous l’égide de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ou aux côtés de l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere). "Nos équipes mènent aussi des études prospectives sur l’impact de la recharge des véhicules électriques à l’échelle d’un territoire tel que le Grand Paris", poursuit Maïté Jauréguy. "Mais nous gardons en tête que le développement de l’électromobilité dépend de très nombreux paramètres (politiques publiques, ruptures technologiques ou évolutions sociologiques) qu’il est difficile de maitriser aujourd’hui."

 

"Le Bilan prévisionnel que nous éditons chaque année prend ainsi en compte, au travers de différents scénarios, les évolutions de l’électromobilité à l’horizon 2035. C’est d’ailleurs un moyen de fournir des indications aux pouvoirs publics en la matière."

Maïté Jauréguy, chargée de mission à la direction générale de RTE

Le véhicule électrique, accélérateur de la transition énergétique

La Fondation pour la Nature et l’Homme et la European Climate Foundation ont publié, fin 2017, un rapport concernant « l’impact de l’électromobilité sur la transition écologique en France ». Cette étude, réalisée en coopération avec de nombreuses institutions et organisations (Ademe, WWF, Groupe Renault, Avere, Saft…), dont RTE, confirme que les atouts environnementaux du véhicule électrique sont intrinsèquement liés à la mise en œuvre de la transition énergétique et écologique. Et donc du mix énergétique qui servira à la recharge de ces véhicules. Elle met également en lumière l’importance de la fonction de stockage de ces véhicules pour rendre des services au système électrique. Enfin, l’utilisation de ces batteries « en seconde vie » comme moyen de stockage de la production d’origine renouvelable pourrait permettre d’accélérer la transition énergétique.
Le rapport technique complet est disponible en ligne.

 

 

 

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