Actualité-
13.09.2016
Pertes en ligne, une problématique maîtrisée

Chaque année, une partie de la production d’électricité « s’évapore » durant son transport. Un phénomène physique inévitable que RTE s’attache à contenir et, quand c’est possible, à réduire. Le MAG RTE&Vous vous propose de partir à la découverte de ce phénomène.

Un jour, peut-être, les recherches sur la supraconductivité permettront de transporter de l’électricité sans en perdre. En attendant, acheminer du courant d’un point à un autre se traduit par une inéluctable dissipation d’énergie. Pour RTE, cela représente entre 10 et 12 TWh par an, soit un peu plus de 2 % de l’électricité introduite sur le réseau. "On appelle cela des pertes, mais cette dénomination n’est pas très appropriée", estime Anne-Sophie Desaleux, pilote de la démarche Efficacité énergétique au sein de la direction du Développement durable de RTE. "Ce phénomène physique n’a rien à voir avec les fuites d’eau ou de gaz dues à la vétusté d’un réseau. Il s’apparente plutôt à la consommation nécessaire à tout outil industriel pour produire".

Consommer pour transporter

De fait, tout comme une usine consomme plus lorsqu’elle produit davantage, les pertes sur une ligne électrique s’accroissent quand l’énergie transportée augmente. "À transit constant, cependant, elles se réduisent si l’on dispose de plus de lignes – ou de lignes de plus forte section – pour transporter le courant", explique Anne-Sophie Desaleux. "Mais évidemment, cela ne constitue pas la seule solution pour diminuer ces pertes car le développement du réseau ou le dimensionnement des ouvrages ne reposent pas sur ce seul critère."

"On peut définir les pertes comme étant la consommation nécessaire à tout outil industriel pour produire"

Des leviers d’amélioration

Pour autant, RTE s’attache depuis longtemps à maîtriser ses pertes en ligne, qui constituent le deuxième poste de consommation en France après les pertes sur le réseau de distribution. Pour cela, l’entreprise développe ses infrastructures en fonction des zones de production et de consommation ; elle installe des moyens de compensation afin de réguler la tension sur le réseau, gage de sûreté pour le système, mais aussi d’une meilleure efficacité. Enfin, dans les dispatchings, on privilégie des schémas d’exploitation permettant de répartir au mieux les flux entre les ouvrages. Dans un autre registre, les efforts de RTE pour développer les effacements contribuent aussi à réduire les pertes.

evolution des pertes sur le reseau de transport d'electricite

 

Des facteurs exogènes

Reste qu’au-delà de ces leviers, de nombreux facteurs externes influent sur les pertes. Le premier d’entre eux est bien sûr la consommation, qui entraîne mécaniquement une charge plus importante des lignes -toute chose restant égale par ailleurs- A l’inverse, l’efficacité énergétique et la sobriété des consommateurs contribuent à les réduire. S’y ajoute la localisation des moyens de production en service à un instant donné, qui ne dépend pas de RTE, et qui a un impact important sur le volume des pertes. Autre facteur important : les conditions météorologiques, car le niveau des pertes dépend de la température (l’échauffement des câbles accroît la résistance des matériaux qui les composent) et de l’humidité (phénomène de perte par effet « couronne »).

Des pistes de progrès ?

Réduire les pertes en ligne est un sujet complexe. "Parfois, des objectifs comme la sûreté du système ou l'acceptation des ouvrages vont à l'encontre de l'optimisation des pertes par exemple, lorsqu’on installe des câbles à faible dilatation : d’un côté, on augmente la capacité de transit ; de l’autre, les pertes s’accroissent…", explique Anne-Sophie Desaleux. Pour progresser encore plus dans ce domaine, le critère "pertes" est de plus en plus intégré dans les études de développement de réseau à moyen et long termes. RTE travaille aussi avec les constructeurs sur de nouvelles technologies de matériels (postes et transformateurs) à faible perte. RTE est également impliqué dans plusieurs projets de R&D prometteurs (supraconducteurs, nanotubes de carbone…).

 

0 Commentaires

Vous souhaitez laisser un commentaire ?

Les commentaires sont visibles après validation. Quant au contenu des commentaires (véracité, objectivité...), il n’engage que leur auteur. Lire la charte des commentaires.

* champs obligatoires
CAPTCHA
Cette question permet de tester si vous êtes bien un être humain, réduisant ainsi les risques de spamming.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.

Découvrir d'autres actualités

06.05.2019
La transition énergétique induit de nouvelles contraintes concernant le réglage de la tension sur le réseau de RTE. Les explications de Vincent...
24.04.2019
Le Code de l’énergie impose aux gestionnaires de réseaux électriques un contrôle technique régulier de leurs ouvrages. Cette mission est assurée par...