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20.06.2019
Sur la route… avec un transfo

Pour acheminer les transformateurs qui doivent être installés dans les postes de RTE un peu partout en France, une équipe dédiée du CNER déploie des trésors d’ingéniosité. Un défi quotidien dont dépend la sécurité du système électrique.

Faire voyager des « monstres » d’environ 200 tonnes à travers l’Hexagone – et même à travers l’Europe – n’est pas une mince affaire. La notion de convoi exceptionnel prend ainsi tout son sens lorsqu’on évoque le transport de transformateurs haute tension. « Pour développer, rénover ou entretenir son réseau, RTE doit acheminer régulièrement des transformateurs de puissance depuis les usines de ses constructeurs, situés dans différents pays européens, jusqu’aux sites où ils devront être installés, explique Jean-Baptiste Lizarazu, du département Postes du CNER. Chacune de ces opérations est planifiée et organisée plusieurs mois à l’avance pour garantir que nous pourrons livrer en temps et en heure le matériel sur place. C’est un enjeu majeur pour la conduite de nos projets de développement-ingénierie, et in fine pour la sécurité d’alimentation du pays. »

Un transport multimodal sans anicroche

Pour prendre la mesure des difficultés inhérentes à ce type d’opération, il faut avoir en tête les mensurations d’un tel équipement. Par exemple celles de l’AT 600MVa fourni par General Electric installé récemment au poste de La Gaudière, sur le territoire de la commune de Castelnau-d’Aude (Aude) : un parallélépipède de 10,45 m de long, 4,15 m de large et 4,45 m de haut, affichant 201,5 tonnes sur la balance. Pas vraiment le genre de livraison réalisable avec un Kangoo ! Qu’ils transitent par la route, par la mer ou sur les voies fluviales, déplacer ces matériels suppose des moyens hors-normes et une organisation minutieuse pour préparer l’enchainement sans anicroche de plusieurs modes de transport (voir encadré). Sans parler des formalités administratives et des négociations avec les autorités concernées.

Un convoi exceptionnel de 400 tonnes

« En France, l’État a progressivement délégué la gestion et l’entretien des infrastructures routières aux régions, aux départements, aux communes ou aux sociétés autoroutières, affirme Nicolas Feucht, du département Postes du CNER. Du coup, organiser un transport routier nous confronte à un véritable mille-feuilles administratif pour obtenir les autorisations nécessaires. Et les crispations sont fréquentes dès lors qu’on évoque l’idée de faire passer un convoi de 400 tonnes sur une petite départementale ou sur un ouvrage d’art. » 400 tonnes ? « Oui, car la réglementation en matière de transport routier – notamment la charge à l’essieu – impose une multiplication du nombre de roues qui fait quasiment doubler le poids moyen des convois », précise Jean-Baptiste Lizarazu.

Douze mois de préparation

Du coup, choisir le trajet pour un tel périple est presque aussi complexe que la définition du tracé de moindre impact d’une ligne électrique. Et la ligne droite est rarement le chemin le plus facile. « Nous essayons autant que possible d’éviter la route, en privilégiant le transport maritime ou fluvial, reprend Nicolas Feucht. Pour chaque portion routière, on s’efforce d’obtenir des accords par le biais de la concertation et de la justification technique. Nous réalisons ainsi des études pour valider le franchissement des ouvrages d’art, par exemple. Mais même en produisant ces éléments, il est parfois très difficile de convaincre nos interlocuteurs. » Pour l’opération de La Gaudière, plus de 12 mois de préparation auront été nécessaires. Et c’est loin d’être un record.

5 300 km, de Mönchengladbach à La Gaudière

Le centre D&I de Marseille a contacté le département Postes du CNER fin 2017 afin d’organiser, début 2019, l’acheminement d’un nouveau transformateur au poste de La Gaudière. Après des mois de préparation, ce dernier a d’abord été chargé à l'aide d'un portique de manutention dans l’usine GE de Mönchengladbach, puis acheminé par la route jusqu'au port fluvial de Krefeld. Il a ensuite été transféré sur une péniche par une grue portuaire, direction Rotterdam, où il a été mis à quai dans l’attente d’un navire de haute mer. Quelques jours plus tard, il a été embarqué pour rallier Port-la-Nouvelle via le détroit de Gibraltar. Installé sur une remorque modulaire routière lourde à poutres (75 mètres de long !), il a repris son chemin vers son site de destination. Sauf qu’arrivé à proximité, il a encore dû changer d’attelage pour accomplir les derniers kilomètres sur une remorque automotrice. Durée de ces pérégrinations : un mois et demi.

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